La sexualité (et le post-partum)

Je sais que je commence à m’embarquer dans des sujets houleux… C’est en partie pour ça que j’en parle. Alors oui, on pourrait avoir l’impression que le sujet n’est plus vraiment tabou, c’est sûr qu’il a été désacralisé ! Mais est-ce réellement une « bonne » chose ?


En regard de certains interdits qu’il y a pu avoir, alors oui, ça a apaisé certains excès. Mais j’ai l’intuition que ça en à créer d’autres…


Alors aujourd’hui, je viens ouvrir une petite porte, celle d’une sexualité épanouie, en couple ou seule, qui permet d’entretenir une énergie connue depuis depuis (comme on dit ici au Congo) : une énergie sacrée, créatrice, qui nous nourrit. Une énergie qui monte comme un feu, et redescend comme une vague.


Pas l’énergie du fameux « quicky » qui bien que sympa de temps en temps, ne nous nourrit pas réellement, n’est-ce-pas ?

Celle qui vous laisse planer, qui vous connecte au plus profond de vous-même (et au plus profond de votre partenaire si vous êtes en couple), qui vous donne ce rayonnement et cette aura d’infinie possibilité.


Ce sont mes recherches actuelles, mes lectures et mes expériences et le chemin est « long » pour sortir de mes anciennes croyances sur le sujet.


Encore une fois du chemin a été parcouru mais, en tant que femme, j’ai tout de même eu ce message, parfois clairement énoncé, parfois plutôt insinué au cours de conversations, que le devoir de la femme envers son homme était qu’il soit comblé sexuellement. Et c’est un message que je retrouve dans notre société actuelle. Alors oui, on prend maintenant en compte le plaisir de la femme (elles nous embêtent celles-là quand même à vouloir à tout prix un orgasme… c’est long tous ces préliminaires !!) mais il est tout de même de notre devoir de garder ce feu en nous POUR l’homme (personne ne m’a encore dit qu’il fallait que je le garde pour mon propre épanouissement !!).


Des exemples j’en ai des tonnes, ce qui est dingue c’est que c’est largement véhiculé par les femmes !! Celles qui sont nos ainées souvent… Mais aussi par certaines sages-femmes (attention, je trouve cette profession et ses femmes incroyables, je les vénère même, mais simplement, cela m’est arrivé à chaque accouchement et c’est ce petit sujet épineux dont je voudrais parler, seulement celui-ci) : Cela fait donc 2 jours que j’ai accouché, pour celles qui ont vécues un accouchement, vous savez de quoi je parle, je discute avec la sage-femme (les 2 m’ont posé exactement la même question) et d’un coup, Bam : vous avez repris votre contraception ? Ou vous avez besoin que je vous fasse une ordonnance ?


Pour certaines, ça ne choquera pas. Je sais que ces femmes sont extrêmement bienveillantes et c’est de cette manière qu’on leur à enseigner de s’occuper de la femme après son accouchement.


Oui ! La contraception est un sujet important ! Toujours ! Mais n’y a-t-il pas une autre c-façon de parler de ça à 2 jours d’un bébé qui vient de sortir par la sortie habituelle, qui est aussi l’entrée habituelle lors du rapport sexuel, le vagin !

Peut-être un : « cela va peut-être vous sembler un peu tôt, ou pas du tout, mais désirez-vous qu’on aborde votre moyen de contraception ensemble aujourd’hui ? », ou alors « souhaitez-vous qu’on prenne rendez-vous dans … de semaines pour discuter ensemble de vos options de contraceptions et peut être de votre retour à la vie sexuelle après accouchement ? » ou tout simplement « lorsque vous serez prête, et cela peut être dans 2 jours, dans 2 semaines, dans 2 mois ou plus tard, nous pourrons discuter de contraception ensemble si vous le désirez ».


Bref, des milliards de façon d’exprimer qu’après un accouchement, NON, votre mission première n’est pas de combler sexuellement votre partenaire pour être sure qu’il ne vous ne quittera pas, NON NON NON !! Votre seule mission (et elle est énorme déjà) est de rester là, à ne rien faire d’autres (ou du moins le moins possible) que de vous occuper de votre bébé. Et votre partenaire, son rôle est de vous protéger !! Oui, de vous protéger.


Pourquoi n’est-ce pas le message largement véhiculé ? Pourquoi toujours plus de culpabilité pour les femmes ?


La sexualité est une voie d’épanouissement personnel, une vraie thérapie, qui peut être partagée lorsque nous sommes en couple, et qui peut d’ailleurs renforcer nos liens à notre partenaire. Mais en aucun cas, elle doit être forcée, subie, ou vécue comme un devoir envers l’autre !!

Et je commence à en parler dans mes séances parce que je me rends compte à quel point la société a transformé cette énergie et l’a rendu pour beaucoup toxique, ou du moins négative ou le contraire d’épanouissante en tous les cas !!